SATEF-Béjaïa. Déclaration-appel du 06 novembre 2009

7 novembre, 2009 par satefdz

 

Syndicat Autonome des Travailleurs de l'Education et de la Formation

SATEF

Section Régionale de Béjaïa 

DECLARATION -APPEL

 

Le SATEF-Béjaia appelle à la grève dans le secteur de l'éducation à partir du 09 Novembre 2009.

C'est la position naturelle de notre syndicat qui se veut force sociale de changement, partie prenante de l'intersyndicale autonome de la fonction publique (IAFP) et défenseur conséquent des intérêts de tous les acteurs de l'école et du centre d'enseignement et de formation professionnelle.

Il s'agit là de la principale ligne directrice  du SATEF-Béjaia jusqu'au prochain congrès national : tout secrétariat général et tout cadre est sensé y travailler par la réhabilitation des instances, des textes et des échéances.

La section régionale SATEF de Béjaia se réserve le droit d'évaluer ou de rejeter tout accord public ou secret, toute alliance locale ou autre qui  entrerait en contradiction avec cette ligne directrice. Dans ce sens le SATEF-Béjaia salue l'unité d'action des syndicats autonomes à travers la relance de l'IAFP.

Deux mois après la rentrée scolaire, l'école publique ne se retrouve toujours pas : surcharge et réorganisation cacophonique  des cartes scolaires (emplois du temps, etc.) ; dépermanisation  et carence en personnel d'enseignement et d'encadrement ; démotivation de corps entiers (adjoints d'éducation, laborantins, conseillers d'orientation), etc. Tous les effets négatifs des nouveaux statuts général et particuliers  entrent en vigueur.

Il faut attendre que le voile soit levé sur l'issue de la ‘formation continue' que des milliers d'enseignants ont suivi et qui demeure sans suite en termes de diplômes et de reclassement ; sur les décisions de promotion des adjoints d'éducation aussitôt annulées et sur l'annulation autoritaire, de fait, récurrente, des décisions des conseils de classe. Ces revendications sont les nôtres :

- Pour une école publique de qualité pour tous.

- Pour l'augmentation des salaires en les indexant sur le pouvoir d'achat par l'abrogation de l'article 87 bis. 

- Pour un régime indemnitaire conséquent.

- Pour le respect du pluralisme et des libertés syndicales.

- Pou l'intégration de tous les vacataires et des contractuels

- Pour la valorisation des corps d'encadrement (Adjoints d'éducation, laborantins, conseillers d'orientation).

- Pour une gestion démocratique, saine, transparente et équitable des œuvres sociales.

 

                                                                       Béjaïa, le 06 Novembre 2009

                                                                                     Le coordinateur

 

                                                                                   Hocine BOUMEDJANE 

Forum Education Physique et Sport (FOREPS). Présentation, coordonnées, et projets

22 octobre, 2009 par satefdz

Depuis bien des années, le Mouvement sportif national (MSN) n'a cessé de vivre des temps de crise dont les effets néfastes ont été la mise à l'écart et la marginalisation de cadres dont le Mouvement Sportif national avait grandement besoin.

La dernière application du décret 05.405 n'a pas manqué, sous prétexte de rigueur, de produire exclusions et marginalisations, par charrettes entières, combien même les mandats de certains présidents de fédération ont été des plus convaincants. Cette application tout aussi unilatérale que précipitée n'a pas manqué d'avoir de sérieux remous à l'extérieur, tant au niveau des fédérations sportives Internationales que du CIO qui joua les médiateurs entre les différentes tendances d'un MSN déchiré.

La crise fut si profonde, qu'à plusieurs reprises, le Président de la République stigmatisa le monde du sport et ses « bezenassia » (Discours de Sétif), dont l'organisation et la production étaient loin de répondre aux attentes de la société et aux ambitions de notre nation.

Dernièrement, étant à l'écoute de la société civile et des athlètes de haut niveau qui dans une lettre ouverte n'ont pas manqué d'attirer son attention sur les dérives, manquements à la morale sportive et… « Ces valeurs, pour lesquelles nous nous sommes surpassés dans la loyauté et l'intégrité, sont aujourd'hui bafouées par des groupes d'intérêt,… », il a appelé le gouvernement à élaborer et mettre en œuvre une nouvelle Politique Sportive Nationale.

Les signataires de cet appel estiment que la définition et la mise en œuvre d'une nouvelle politique Sportive Nationale devraient être l'œuvre de tous les acteurs, compétences et forces vives du MSN, rassemblés autour d'un grand projet de développement sportif. Tous les secteurs d'activité, éducation nationale, enseignement supérieur, santé, entreprises économiques, presse sportive, devraient concourir à la définition et à la mise en œuvre de ce grand projet.
Ils considèrent que l'ère des réformes sans concertation est révolue et que toute réforme, faite pour la société, doit entendre et mobiliser, de manière organisée, tous les pans intéressés de cette société.
De ce fait, elles estiment que toute la société civile sportive, sans exclusive ni exclusion, devrait trouver un cadre d'expression adéquat pour apporter sa contribution à la dynamique de refondation du mouvement olympique et sportif algérien.
Elles pensent que l'organisation d'une Conférence nationale constituerait le cadre adéquat pour cette entreprise de refondation de l'Education Physique et du Sport dans notre pays.

La Conférence Nationale aurait à remplir une triple fonction :
• être un espace permettant à toutes et à tous de s'exprimer en toute responsabilité et liberté en vue de procéder à une analyse de la situation dans laquelle se trouve le MSN,
• de définir les contours du projet de développement sportif impliquant, de manière équilibrée et complémentaire, les ressources de l'Etat et celles du MSN,
• et de construire, ensemble, les alternatives adaptées aux exigences du processus de rénovation.

Elles lancent un appel à toutes celles et ceux qui, au niveau des associations sportives, des communes, des entreprises et de tous les secteurs intéressés par le développement sportif, jugent utiles leur participation à ce mouvement de rénovation, de joindre leurs signatures à celles des premiers signataires en vue de l'organisation de la Conférence Nationale pour le Renouveau de l'Education Physique et le Sport en Algérie.
Écrire à l'adresse email suivante : foreps2010@googlegroups.com

Premiers signataires
Berchiche Hamid
Bouabdallah Mohamed
Boulmerka Hassiba
Brahmia Amar
Oussedik Hamid
Si Mohamed Baghdadi,
Tahri Hamid
Tifaoui Chérif

 

Organisation de la Conférence nationale

Vers la création du FOREPS

http://foreps.ning.com/

 

Oran. Inscriptions au baccalauréat: Les candidats libres s’inquiètent

13 octobre, 2009 par satefdz

Mardi 13 octobre 2009

http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5127694

Oran :

Inscriptions au baccalauréat: Les candidats libres s'inquiètent

par H. Saaïdia

Le retard enregistré dans l'ouverture des inscriptions des candidats libres au bac fait jaser. Alors que d'habitude elle commence au début du mois d'octobre, la première semaine généralement, la procédure du dépôt des dossiers auprès de la direction de l'Education d'Oran par les postulants «non scolarisés» au baccalauréat session 2009-2010 n'est pas encore lancée, suscitant ainsi des interrogations parmi les candidats. L'absence d'information y est pour quelque chose. Il n'en fallait pas plus pour provoquer une certaine panique parmi des centaines de candidats libres, qui viennent presque quotidiennement à l'Académie d'Oran en quête de nouvelles. La même réponse leur est donnée par les responsables de la direction de l'Education : «On n'a pas encore ouvert les inscriptions». Selon une source officielle auprès de cette institution, «l'opération du dépôt des candidatures pour le passage de l'examen du bac concernant les candidats libres n'a pas été lancée à ce jour, car l'Académie n'a pas encore reçu une note dans ce sens de la part de l'Office national des examens et des concours (ONEC)». Sur les raisons de ce retard par rapport aux années précédentes, la même source s'est gardée de donner une explication, soulignant que «cela ne dépend pas de notre autorité». Quoi qu'il en soit, plusieurs candidats libres rencontrés dans les couloirs de l'académie n'ont pas caché leurs appréhensions et espèrent le coup d'envoi de l'opération dans les tout prochains jours «pour que nous soyons fixés», disent-ils. «J'ai besoin de m'inscrire pour l'examen pour me mettre dans le bain. Je suis en situation flottante, dans l'incertitude. Le temps passe et je n'ai pas encore commencé la révision du programme», s'inquiète un candidat libre, qui, précise-t-il, ne l'est pas encore officiellement. Ce retard dans l'inscription a en revanche beaucoup moins d'effet sur les terminalistes qui suivent des cours par correspondance à l'ONEFD (Office national d'enseignement et de formation à distance). Ces derniers sont encadrés et orientés par des enseignants, suivent normalement leur programme, et, de ce fait, accordent peu d'importance à ce «détail», celui de l'inscription.

SATEF. Section régionale de Béjaïa. Déclaration du 29 septembre 2009

1 octobre, 2009 par satefdz

 

Syndicat Autonome des Travailleurs de l'Education et de la Formation
S.         A.        T.        E.        F.
Section régionale de Béjaïa

 

Déclaration

Tandis-que le rythme pervers par lequel des « réformes » sont menées poussent les éducateurs à « remettre le tablier », les élèves sont traités de sorte à haïr la notion d'emploi du temps et à s'éclipser naufrageusement s'ils ne parviennent à se conformer obsessionnellement à des couleurs de voierie qui seules semblent donner sens à leur tablier, à défaut de burqa pour nos fillettes. L'école publique algérienne, fruit d'une prodigieuse révolution sociale, démocratique et d'une âpre guerre de libération va mal. Elle a terriblement mal de la banalisation de son orientation, de sa « délocalisation » politique à la périphérie des politiques publiques et de la rétrogradation symbolique, continue, de son image de marque à l'avantage crapuleux des tenants facétieusement antinomiques d'un moyen-âge colonisable et d'une mondialisation asservissante et dévorante. Elle a mal pour son identité, son projet, sa dignité et des coups de boutoirs qu'on l'oblige à encaisser.

Les syndicalistes des secteurs de l'éducation et de la formation professionnelle se rendent bien compte que :

- La solidarité la plus agissante entre les syndicalistes,  les personnels et les corps de ces deux secteurs, tous intérêts pédagogiques, sociaux et professionnels bien compris , est plus que de mise ;

- La défense réelle de l'école publique et du centre de formation algériens exige impérativement l'animation de la résistance à leur dévoiement sur les plans pédagogique, psychologique, de l'orientation, des programmes, des contenus, de l'organisation, et sur tout autre plan qui y a trait. Le travail et le partage publics de réflexion qui légitiment davantage socialement le syndicalisme peut réduire la marge des parasitaires de l'action syndicale et de ceux qui s'arrogent indument le monopole et le privilège humain de réfléchir et de s'exprimer. C'est le vivier des questions sur lesquelles le ministère ne pourra se défausser sur un autre ministère ou sur le gouvernement.

- La foultitude des questions au sujet desquelles le ministère de tutelle se réfugie derrière la compétence gouvernementale ou leur nature politique met en évidence que l'activité syndicale est elle-même nécessairement politique. De là, découle que l'action et la réflexion conjuguées, entre syndicalistes et élus dignes de leur position, entre appareils syndicaux et partis politiques, doivent gagner en consistance, en fréquence et être toujours plus en phase avec la réalité des luttes pour une éducation et une formation publiques de qualité pour toutes et tous.

- Le partenaire social, auteur premier de la « trêve sociale » unilatérale, doit pouvoir être tenu seul responsable de la stratégie qu'il compte déployer face à ce qu'on qualifie de tripartite. Seuls des nigauds opportunistes, auteurs de la ridicule trêve « socio-électorale », peuvent se permettre la vilénie de lui offrir l'occasion d'essuyer son échec certain sur le dos des syndicalistes véritables. Les questions inter-syndicales doivent favoriser une meilleure décantation entre les tenants d'une école publique de qualité pour toutes et tous, fière de son idéal républicain, social et démocratique d'une part, et les coursiers de la mondialisation et de la néo-féodalisation.

Sur ce constat, le SATEF-Béjaïa soutient toutes les revendications des personnels de l'éducation et de la formation, qu'elles soient sociales, professionnelles ou catégorielles, induites ou non des statuts général et particuliers.

Le SATEF-Béjaïa renouvelle naturellement son soutien à l'Intersyndicale de la fonction publique.

Le SATEF-Béjaïa réitère tout aussi naturellement son soutien à l'Intersyndicale de l'enseignement (nationale et wilayale) qu'il invite à élargir notablement sa vision au champ éducatif et à prendre en compte les préoccupations des personnels moins puissants tel que celui des adjoints d'éducation.

Le SATEF-Béjaïa exhorte les élus de la wilaya à relancer la concertation mixte (élus-syndicalistes) entamée en 2006 sur l'éducation, la formation et la scolarité.

Le SATEF-Béjaïa continue d'œuvrer pour un nouveau projet syndical en continuité des résolutions du troisième Congrès et en prévision du quatrième dont le signal de départ des préparatifs doit nécessairement être lancé incessamment à partir du siège national sis au boulevard HOUARI Boumediene de Tizi Ouzou.

Béjaïa, le 29 septembre 2009
Le coordinateur  

Hocine BOUMEDJANE.

ENTRETIEN SUR L’ÉDUCATION [Accordé par Normand Baillargeon à la CNT, France]

22 septembre, 2009 par satefdz

 

ENTRETIEN SUR L'ÉDUCATION

[Un entretien accordé à la CNT, France]
1) On te connait pour tes livres, comme Petit cours d'autodéfense intellectuelle ou L'ordre moins le pouvoir : Histoire et actualité de l'anarchisme. Professionnellement, tu es enseignant en sciences de l'éducation. Peux-tu commencer par nous parler des critères qui, selon toi, caractérisent une éducation émancipatrice ?
Pour répondre, même superficiellement, à cette vaste et difficile question, il faut selon moi soigneusement distinguer entre une éducation émancipatrice dans un monde qui serait relativement sain et une éducation émancipatrice dans ce monde-ci, le nôtre, qui, hélas, est bien loin de l'être.

Dans une société qui serait relativement saine, l'éducation devrait assurer l'autonomie de la personne en lui permettant de faire un tour d'horizon le plus large possible des formes de savoir et de l'expérience accumulées par l'humanité, dans tous les cas en ce qu'elles ont de meilleur. Elle devrait aussi préparer à prendre part activement, lucidement et sur une base égalitaire à la vie politique et économique de cette société.

Dans des sociétés comme les nôtres en sont, c'est-à-dire profondément inégalitaires et constituées d'institutions qui, bien souvent, incarnent des valeurs et sanctionnent positivement des comportements qui vont littéralement à l'encontre de ce que serait une éducation dans une société saine, nous devons, je pense, nous efforcer d'incarner au mieux les idéaux que j'ai rappelés, même si bien des obstacles redoutables se dressent contre eux.

C'est ainsi que contre cet idéal d'un large tour d'horizon des savoirs et de l'expérience humaine se dresse l'obstacle de l'instrumentalisation des savoirs, tout particulièrement au profit d'intérêts économiques, ainsi que diverses tendances endoctrinaires; que contre l'idéal d'une réelle participation sociale et politique se dressent des pratiques pédagogiques qui engendrent des spectateurs ou des personnes qui ignorent ou méconnaissent la nature réelle des institutions au sein desquelles elles vivent; encore ainsi que contre l'idéal d'égalité se dressent de formidables inégalités économiques qui placent certains enfants dans des circonstances qui pèsent très lourd sur leurs parcours scolaires et sur leurs vies, au point d'en faire presque un destin; c'est enfin ainsi que contre la participation lucide et volontaire à la vie économique se dressent l'esclavage salarial et la condamnation à oeuvrer comme simple exécutant au sein de ces tyrannies privées que sont typiquement les entreprises.

Maintenir vivant, au sein de notre monde et dans toutes les composantes que j'en donnais plus haut, cet idéal d'une éducation émancipatrice n'est pas une mince tâche : mais elle est primordiale. Elle exige d'abord de ne pas tomber dans le cynisme ou le désespoir. Mais elle exige plus encore. En effet, en ce moment historique où la culture et le savoir sont, et parfois avec raison, tenus en haute suspicion, elle nous demande d'avoir la sagesse de distinguer ce qui, ayant valeur émancipatrice, mérite d'être transmis à tous les enfants, avant de prendre les moyens les plus appropriés pour ce faire.

2) Tu enseignes à Montréal, mais tu connais peut-être le système éducatif français ou européen. De façon générale, comment apprécies-tu ces systèmes éducatifs? Te réfères-tu ou t'inspires-tu d'expériences pédagogiques concrètes ?
À vrai dire, je connais assez bien le système scolaire français.

Je suis né au Québec, mais comme mon père a enseigné les mathématiques et l'anglais en Afrique durant les années 60, j'y ai passé une bonne part de mon enfance : j'ai donc étudié dans le système scolaire français, avant de revenir au Québec et de poursuivre mes études dans le système québécois.

Mes souvenirs ne sont qu'anecdotiques, bien entendu, et sans grande importance ou validité a priori; mais il me semblait que le système français était plus solide académiquement parlant, tandis que le système québécois était, disons, plus humain - le système français, celui que j'ai connu du moins, était plutôt mauvais du point de vue des rapports humains.

Mais par-delà l'anecdote, je m'intéresse aussi au système français en raison de mon travail : j'enseigne en effet la philosophie de l'éducation à l'université. Or, il y a, en France, comme tu le sais très bien, une très riche et très stimulante tradition de pensée et de pratique pédagogiques plutôt marquée à gauche, et qui a inspiré bien des réformes et des réformateurs qui me semblent avoir conservé un très grand intérêt et être d'une brûlante actualité.

J'ai réuni certains de ces écrits et dit les raisons de l'intérêt que je leur porte dans Éducation et Liberté, paru chez Lux. Je pense qu'on trouve là, chez des gens comme Paul Robin, Sébastien Faure ou Ferdinand Buisson, pour ne nommer que ceux-là, de précieuses balises pour relever ces défis dont je parlais plus haut. Ils donnent en effet l'exemple d'une réflexion et d'une pratique pédagogiques qui, tout en étant parfaitement au fait des périls de l'endoctrinement et de la très lourde charge d'inertie des institutions sociales, économiques et politiques, ne renoncent ni au savoir, ni à la culture, ni à la raison, ni à un idéal de transmission à tous et d'émancipation individuelle et collective.
3)Il est souvent question, étant donné l'importance du chômage, des débouchés professionnels que rendent possible les systèmes éducatifs. Ceux-ci sont parfois jugés insuffisants. Qu'en penses-tu ?
On touche là, je pense, un point aveugle de notre actuelle réflexion sur l'éducation.

La dévalorisation de l'enseignement professionnel a des causes bien connues et sur certaines d'entre elles, comme le statut et le sort fait à certaines catégories de travailleurs, seule une transformation sociale en profondeur pourra agir véritablement - notamment en repensant profondément le travail et la rémunération (à mon avis ce devrait être dans le sens de ce que propose l'économie participaliste développée par Michael Albert et Robin Hahnel : si vous ne le connaissez pas, je vous invite à jeter un œil sur ce modèle économique).

Mais en attendant, la tâche de concilier éducation émancipatrice et formation professionnelle reste à accomplir de manière satisfaisante, aussi bien sur le plan pratique que théorique. Ce qui doit être visé est cependant clair : les demandes de qualification des gens sont légitimes et doivent être satisfaites dans le monde dans lequel nous vivons; et personne ne doit être privé d'un véritable tour horizon des savoirs et de la culture.

4) Tu as participé cette année à une longue grève des enseignants de l'Université du Quebec. Peux-tu nous en dire plus ? Y-a-t-il une comparaison possible avec les mouvements qu'ont connu certaines universités françaises cette année ?
Tu as raison de parler de longue grève : elle a en effet duré sept semaines, ce qui est énorme. Et il y a bien, je pense, des points communs entre les combats que nous menions et ce qui se passe en France.

Un sociologue québécois (Michel Freitag) suggère, ce qui me semble éclairant, qu'on passe en ce moment de l'université entendue comme institution, à l'université entendue comme organisation. Avec ce vocabulaire en tête, on peut dire qu'une part substantielle de la motivation des professeurs de l'UQAM, une des raisons très consciente de notre grève, était de lutter contre cette dérive jugée avec raison dangereuse.

Mes collègues français reconnaîtront probablement bien des ennemis qu'ils combattent eux et elles aussi dans cette énumération de ceux que nous combattions et que nous combattons toujours : l'éducation, la recherche, la vie académique sommées de s'inscrire dans une logique de rentabilité et d'adaptation fonctionnelle des individus aux exigences de l'économie, toujours données pour indiscutables et décisives; l'université tendant à être de moins en moins définie par les exigences internes de son activité spécifique et de plus en plus par des critères extérieurs à elle; le recours incessant à ces vocables avec lesquels on parle désormais si souvent de l'université - clientèle, capital humain, compétence, rentabilité, investissement, subvention et ainsi de suite; l'université gérée de plus en plus comme une organisation, avec des principes administratifs et une bureaucratie qui conviennent peut-être à l'entreprise qu'elle est en voie de devenir, mais qui souvent la conduisent à des pratiques qui sont aux antipodes de ce que l'université-institution exigerait.
5)Peux-tu nous donner un rapide aperçu du panorama syndical de l'éducation au Canada et au Québec ?
Les cas canadiens et québécois sont différents et je ne peux parler que de ce dernier, et encore sans entrer dans certaines technicalités qui nous éloigneraient de notre sujet.

Car l'important est quand même de dire que le syndicalisme enseignant, chez nous, est globalement devenu très corporatiste, défendant trop souvent une vision étroite de sa mission, réduite à des revendications salariales et de conditions de travail, qui sont certes légitimes, mais auxquelles en aucun cas ne devrait se réduire le travail d'un syndicat d'enseignantes et d'enseignants.

Je serais injuste de ne pas rappeler qu'il se fait des choses, par exemple sur le plan de la défense du système scolaire public, qui est menacé. Mais mon jugement reste plutôt négatif, notamment parce que l'on est en droit de s'attendre à bien plus de la part d'un syndicat. Ce qui manque, il me semble, c'est une vision de l'éducation inscrite dans un projet social qui ne cache pas sa radicalité. De mon côté, j'ai souvent prôné, sans succès, que les syndicats s'impliquent dans la création d'un quotidien, qu'ils ouvrent des équivalents de Bourses de travail, qu'ils s'occupent activement d'éducation et d'universités populaires.
6)Manifestement, pour toi, l'éducation ne s'arrête pas aux portes des établissements scolaires. Tu cites souvent Noam Chomsky, notamment pour son analyse des médias. Comment apprécies-tu l'impact éducatif des principales institutions de nos sociétés contemporaines ?
Je pense que dès que l'on prend au sérieux un idéal de vie collective démocratique, dès lors qu'on aspire à ce qu'existent des liens et des formes d'associations multiples et libres entre des gens et des communautés qui ont en commun des intérêts nombreux et variés, dès que l'on prend minimalement au sérieux tout cela, on ne peut absolument pas limiter l'éducation aux portes des établissements scolaires. En un sens important, c'est toute la société, toutes nos institutions et nos modes de vie même qui sont éducatifs et qui ont une portée pédagogique. L'individuel et le collectif, l'éthique et le politique sont les deux faces d'une même médaille, comme le savait déjà le vieil Aristote.

L'impact pédagogique de nos grandes institutions dominantes est souvent déplorable, encore une fois parce qu'elles incorporent ou promeuvent des valeurs néfastes et parfois carrément inhumaines - pensez à nos institutions économiques qui valorisent des comportements de prédateurs et pénalisent quiconque veut se comporter plus humainement.

Quant à Chomsky que tu évoques, un des immenses intérêts de son travail sur les grands médias corporatistes est justement de montrer leur partialité et leur caractère propagandiste. Pour cette raison, la contribution de Chomsky à la vie politique et à la conversation démocratique, aux États-Unis mais aussi ailleurs dans le monde, est immense.

Ceci dit, il existe aussi d'innombrables lieux, d'associations, de regroupements de toutes sortes où des gens se réunissent pour discuter, pour chercher à comprendre le monde et pour agir directement sur lui : c'est de là que vient immanquablement le changement social, c'est vers eux qu'il faut aller pour garder vivant l'espoir d'un monde meilleur.

7) Pour finir, j'ai vu que tu préparais en 2010 la sortie d'un nouveau livre intitulé Introduction à la philosophie de l'éducation. De quoi s'agit-il ?
La philosophie de l'éducation est, hélas, dans le monde francophone, un parent pauvre de la philosophie.

Mais cela n'a pas toujours été le cas, puisqu'historiquement, des philosophes de toute première importance se sont intéressés de très près à l'éducation (notamment Platon, Rousseau et Dewey) tandis que, même si on ne les lit plus assez, de nombreux autres ont écrit des choses intéressantes sur l'éducation et que bien de pédagogues ont abordé philosophiquement l'éducation.

Par ailleurs, depuis les années 60 du XXe siècle, s'est développée en Grande Bretagne et aux Etats-Unis, une très riche branche de la philosophie analytique consacrée à l'éducation : mais elle reste malheureusement presqu'entièrement inconnue dans le monde francophone.

Mon ouvrage espère combler ces lacunes tout en donnant à lire (car ce sera un introduction par les textes) ces différents auteurs et traditions. J'ai notamment traduit pas mal de textes de la philosophie analytique de l'éducation qui constituent selon moi un apport remarquable à notre réflexion collective sur l'éducation en clarifiant, comme le fait si bien la philosophie analytique, nombre de concepts centraux concernant l'éducation - des concepts comme : savoir, endoctrinement, curriculum, autonomie, et de nombreux autres, sans oublier bien entendu le concept d'éducation lui-même.

Publié par Normand Baillargeon à l'adresse 7:47 AM

Libellés : CNT, Entretien, Normand Baillargeon, philosophie, Université, éducation

Lien : http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/09/entretien-sur-leducation.html

 

Grève chez les Adjoints d’éducation. J’ai rejoint la grève, je la mène à son terme prévu !

15 septembre, 2009 par satefdz

Une grève est initiée par les adjoints d'éducation depuis dimanche 13 septembre 2009, à l'échelle nationale. Elle est sensée durer quatre jours : jusqu'au mercredi 16 septembre inclu.

J'ai rejoint le mouvement de grève, naturellement et publiquement. Je n'ai pas rejoint un quelconque distributeur semi-automatique et alternatif d'appels à la grève et d'appels au gel des mouvements de grève.

Aujourd'hui, nous apprenons de bon matin qu'un nouvel appel à la suspension de la grève à partir de ce matin est lancé par ceux qui ont eu l'insigne honneur de drainer le corps des adjoints d'éducation à l'appel à la grève de quatre (04) jours. Nous apprenons que cet appel à la suspension de la grève est généré suite à une stimulation, très probablement simulatrice, du ministère de l'éducation qui promet rien de moins que de… discuter. Il ne nous manque plus que des gâteaux et du thé, vraiment !

Je n'ai personnellement aucune idée de chahuter la discussion que les initiateurs de l'appel à la grève veulent obtenir dans l'enceinte du ministère de l'éducation. On verra bien si de cette discussion jaillira la meulière, la muletière ou la lumière. Nchallah que tant va la Niaiserie chez la Ruse que, cette fois-ci, à la fin, elle obtiendra gain de cause.

Mais je n'ai aucune intention non plus de rejoindre le générateur semi-automatique d'appels alternatifs à la grève et à la reprise après avoir rejoint ce mouvement de grève. J'ai rejoint la grève et j'ai une seule intention : la mener à son terme s'il n'y a aucun résultat palpable, publiquement annoncé, d'ici-là.

Si aucun résultat n'est annoncé de la discussion qui pourrait s'engager entre M. Fertaki et les responsables du secteur éducatif, je maintiendrai la grève, ma grève, jusqu'au dernier instant de la journée du mercredi soir. Et je reprendrai le travail, comme prévu, jeudi matin.

Ceci, parce que les travailleurs doivent prendre conscience que, lorsqu'ils lancent une dynamique, elle leur appartient au même titre que les initiateurs ; parce que les travailleurs doivent s'en tenir à des positions et à des engagements clairs comme leur position est claire lorsqu'ils entament un mouvement de grève ou de protestation ; parce que tout le monde est sensé avoir à l'idée que la prochaine fois qu'il y aura grève, les travailleurs pourront la mener à son terme, et au delà, s'il n'y a nul résultat concret issu de l'éventuelle discussion entre M. Fertaki et les messieurs du ministère.

Il ne doit pas y avoir de prochaine suspension de grève sans acquis préalables et sûrs. Mais si la discussion entre M. Fertaki et les gens de la tutelle n'aboutit pas à des résultats concrets, sérieux et satisfaisants, il va y avoir d'autres grèves. Et si le générateur d'appels alternatifs fonctionne bientôt, il ne fonctionnera plus que pour la partie « appel à la grève » : la fonction « appel à la reprise » sera mise en panne par la adjoints d'éducation !

Tahar Hamadache,
Adjoint d'éducation,
Secrétaire national à l'information du SATEF.

Pour mémoire :
http://www.elwatan.com/Les-adjoints-de-l-education,124856 Edition du 5 mai 2009
Les adjoints de l'éducation suspendent leur grève / Les adjoints de l'éducation ne seront pas en grève aujourd'hui. Le débrayage de deux jours, prévu par leur coordination nationale, a été gelé.

http://www.elwatan.dz/Sous-le-signe-de-la-contestation Edition du 14 septembre 2009
Sous le signe de la contestation / La rentrée scolaire 2009-2010 ne s'est pas déroulée totalement dans le calme comme l'aurait souhaité Boubekeur Benbouzid, ministre de l'Education nationale.

http://www.elwatan.com/Les-adjoints-de-l-education,137657 Edition du 15 septembre 2009
Les adjoints de l'éducation décident de geler leur grève / La Coordination nationale des adjoints de l'éducation a opté, hier, pour le gel du mouvement de débrayage de quatre jours entamé le jour même de la rentrée scolaire.

 

Adjoints d’éducation : on est en grève. المساعدون التربويون : رانا في إضراب

14 septembre, 2009 par satefdz

Les adjoints d'éducation observent, à partir de ce dimanche 13 septembre, une grève nationale. C'est un événement grandiose en soi  Les adjoints d'éducation ont appelé de leurs voeux à un mouvement de grève depuis l'année scolaire passée ; la voici. Ce corps de l'éducation nationale, déclassé aussi bien catégoriellement, moralement que du point de vue de la carrière et des attributions par les dispositions de l'actuel Statut particulier des travailleurs de l'éducation devaient exprimer l'incompréhension, le mécontentement et le désappointement qui est le leur, eux dont bon nombre approche de l'âge de la retraite. Il faut dire que leur corps est le moins ouvert aux nouveaux recrutements parmi les corps de l'éducation. Ce corps devait aussi monter au front des luttes sociales et s'occuper de la défense de ses intérêts moraux, professionnels et matériels comme il se devait de faire entendre sa voix en tant qu'acteur et professionnel de l'éducation. Il est vrai que le mode corporatiste suivi par beaucoup de dirigeants syndicalistes s'aggrave un tantinet par l'apparition de syndicats proprement corporatistes et, sans une solidarité agissante inter-corporatiste, ce corporatisme est susceptible de devenir ambiant, de s'imposer en norme. La mobilisation des adjoints d'éducation peut aussi bien mener dans cette direction que s'orienter progressivement vers une prise de conscience générale (des divers corps et syndicats du secteur) du fait éducatif et de la complémentarité des uns avec les autres. الجماعة تغني واحد ، واحد ما يغني الجماعة . Cela dépendra de l'attitude, solidaire ou non, des autres corps de l'éducation pendant ces journées de grève, aussi bien au sein des établissements qu'au niveau des appareils syndicaux.

De ce fait, il importe peu que l'appel à la grève soit initié par la coordination drivée par M. Fertaki, ni que celui-ci souscrive à la ligne de M. Boudjennah, chef de file de l'une des deux ailes du SNTE. Je rejoinrs la grève. Je l'ai rejointe. Dès le premier instant. Sans du tout céder sur ma qualité de militant du SATEF. Sans même que cela ne soit un signe de quelque manière que ce soit de caution à la démarche du SNTE-Boudjennah, ni de ses co-géleurs de grève en période de campagnes électorales à l'image du SNITEF de M. Basti, etc. Il est important que les tou(te)s les travailleur(se)s se prennent en charge et se mettent à défendre leurs intérêts et ceux de l'école publique malmenée par les prétendues réformes en cours. Et la grève peut être un moment déclencheur de toute mobilisation générale.

Allez, camarades adjoints ! Réussissez autant que vous le pouvez ce mouvement de grève ! Renforcez-le jour après jour ! Vous qui hésitez encore, il n'est pas trop tard de rejoindre ce mouvement : il ne sera trop tard que le jeudi matin.

Sahha Aid-kounn et Sahha Aid-koum !

Tahar HAMADACHE
Militant du SATEF

P.S. Notre blog est aussi un espace à travers lequel vous pouvez vous exprimer, à propos de tout ce qui vous concerne et à propos de cette grève aussi ! Ecrivez en arabe, en daridji, en tamazight, en français ou dans la langue de votre choix :)

 

 

Candidats citoyens libres. NOUS ALLONS PASSER LE BAC 2010 !

21 août, 2009 par satefdz

A l’intention des adjoints de l’éducation, des fonctionnaires sans bac, des niveau 3AS anciens programmes (bilingues, etc.) 

Pensez à faire comme nous ! 

NOUS ALLONS PASSER LE BAC 2010 ! ______________________
Précautions et prévisions : 

______________________ L’inscription au bac 2010 aura lieu dans moins de deux mois, en octobre 2009. Soit, après de nombreux événements et épreuves financières :
* Vacances et fêtes ;
* Ramadhan ;
* Rentrée sociale et scolaire ;
* L’aid el seghir et l’approche de l’aid el adha, 

Aussi est-il très important de se décider dès maintenant à passer le bac afin que les 3000 DA (mieux vaut prévoir un peu plus que cette somme) de frais d’inscription ne soient un obstacle majeur. Mais aussi pour que, ensemble, nous identifions les difficultés communes et les moyens d’y faire face. Il est aussi très important de déclarer publiquement sa décision de passer le bac 2010 afin que tout le monde soit sûr que c’est du sérieux ! 

Nous comptons sur les leaders associatifs et politiques, les artistes et les producteurs/trices de biens immatériels, les sportifs/ves, les coiffeuses/eurs connus dans leurs localités ou à un niveau plus large de déclarer avec nous leur détermination à passer le bac malgré l’âge, le volume de travail, la difficulté de la révision, etc. Cela peut convaincre ses connaissances à l’accompagner, à nous accompagner dans la préparation de cet examen. Nous lançons ce groupe afin que l’information circule autant que possible ; pour nous entraider en manuels, en terminologie, en astuces de mémorisation ; pour une préparation festive du bac 2010. Il est possible aussi que des candidats libres habitant dans un même périmètre se reconnaissent parmi nous, et constituent de groupes de révision, par filière et/ou par matière. 

Et, dès octobre 2009, quand la candidature de plusieurs d’entre nous aura été confirmée, nous lancerons un blog ou un site sur le web pour en faire notre bibliothèque commune, notre salle de révision et notre mur d’affichage. 

NOUS, CANDIDATS CITOYENS AU BAC 2010, DECLARONS : NOUS ALLONS PASSER LE BAC 2010 ! 

« Ruh’ ad te&red’, ruh’ !
Ad tissined’ ad tketbed’ ».
Cheikh Arab Awzelleg ( ?) 


Lire et écrire était un art quasi sacré dans notre société ancienne ; il était réservé à une minorité de cols blancs oisifs qui se considéraient bénis de Dieu. Cet objet « sacré », privilège inaccessible pour les enfants du peuple, était peu à peu devenu, sous le colonialisme, une aspiration largement partagée qui a alimenté aussi bien l’idéal révolutionnaire que le projet de liberté et d’indépendance. 

Son rôle de facteur de diffusion idéologique mis à part, l’école algérienne est allée se rapprochant du peuple, malgré la double dynamique démographique et d’exode, jusqu’à réaliser des taux d’alphabétisation très appréciables. Cependant, il semblerait que, au fur et à mesure que la conscience citoyenne s’affermit, l’on cherche à faire de l’école, et précisément du diplôme, un outil imprévisible de sélection des élites et de hiérarchisation professionnelle et de stratification sociale, en attendant que les critères d’origine sociale et économique ne s’octroient la légitimité de la sélectivité, alors toujours au profit des classes dominantes et toujours au détriment des classes dominées. 

C’est ainsi que l’on parle depuis trente ans de la « fuite des cerveaux » sans que rien de palpable ne soit entrepris pour l’enrayer : des cerveaux issus du peuple, qui fuient, cèdent la place aux futurs maîtres du pays.
C’est ainsi que des générations entières ayant suivi le cycle secondaire sont mises devant de grandes difficultés de reprendre leurs études au point où ils ont du les interrompre : l’épreuve du bac. 
Des élèves de la génération bilingue ont été conduits à oublier le rêve d’avoir le bac après l’arabisation de l’enseignement ; des élèves de la génération de l’enseignement fondamental subiront une situation similaire dans quelques années, après l’intronisation du bac de l’approche par compétence. 

Pendant ce temps, des milliers de gens ont raté leurs vocations du fait de nécessités diverses (économiques, sociales, etc.) ou d’une orientation plus ou moins arbitraire, à l’un ou à l’autre des cycles moyen, secondaire ou supérieur. Un cran supérieur dans ce mécanisme sélectif est enclenché avec la réforme de la réglementation du travail (statut général de la fonction publique, code du travail, statuts particuliers, etc.). Mais aussi par la privatisation rampante de l’université algérienne !Dans l’éducation, le statut particulier déclasse gravement l’adjoint d’éducation et d’autres fonctionnaires se prévalant d’un niveau de 3°AS, pendant que l’on sert une formation-alibi pour aligner des enseignants recrutés avec un niveau de 4°AM au même niveau que les titulaires de licence. 

L’aberration qui trahit l’usage abusif de cet argument de diplôme, c’est que les laborantins, titulaires de licence, sont déclassés au même titre que les adjoints d’éducation et d’autres fonctionnaires. L’objectif est d’annihiler tout esprit critique à l’endroit de ce qui nous tomberait d’en haut ! 

Afin que chacun(e) puisse renouer avec son rêve d’avoir le baccalauréat,
Afin que chacun(e) puisse un jour retrouver sa véritable (ou sa seconde) vocation,
Afin que l’enseignement (supérieur) ne devienne jamais un privilège de classe sociale ni un objet de sacrement inaccessible aux gens du commun,
Afin que le diplôme ne soit pas admis comme seul critère, arbitraire, sélectif, de mérite,
Afin que le savoir-faire, l’expérience, la compétence avérée, la culture et le CV comptent,
Afin que demeure le respect de tous les droits des travailleurs à la reproduction de leur force, à la formation continue, à la promotion, etc.,
Afin que les titulaires de diplômes supérieurs déclassés au travail ne se résignent pas au sort qu’on leur fait et que nous fassions une foule compacte entre bac et doctorat pour être visibles, 

NOUS ALLONS PASSER LE BAC 2010 ! 


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Les candidat(e)s citoyen(ne)s (libres) 

au bac 2010. 
Signataires :
Sonia Lounis
, Enseignante universitaire, doctorante en linguistique, électronicienne, coiffeuse diplômée et ex.adjointe d'éducation ;
Fatseh Zaïdi, 3°AS bilingue ;
Tahar Hamadache, adjoint d’éducation, administrateur de satefdz

Ajournement au Bac-2009 et plan de lutte pour 2009-2010

12 juillet, 2009 par satefdz

C’est certainement depuis l’automne 2006 que trois nécessités me sont très nettement apparues :

a- faire beaucoup plus attention à l’attitude de certains membres du bureau national du Satef qui me semblaient avoir entamé et continuer des discussions, sans d’autres camarades et moi, avec des cadres du ministère de l’éducation. Les membres sélectionnés par la tutelle, en janvier 2007, pour leur accorder des détachements ne s’étaient peut-être même pas rendu compte qu’il s’agissait d’une manœuvre tendant à scinder le bureau national en satisfaits et en mécontents en vue d’exclure l’éventualité d’une forte participation du Satef au débat sur
la Statut particulier des travailleurs de l’éducation (SPTE) ; très heureux d’être « détachés », ils ne se rendaient peut-être pas compte aussi que nous laissions faire justement pour que les propositions du Satef soient les plus importantes possible ;

b- hisser au plus haut niveau possible la barre des revendications du Satef non pas tellement dans l’espoir hypothétique de les voir satisfaites mais essentiellement en vue de tendre à un dévoilement appréciable des ressorts secrets des réformes en cours, par une nette contradiction invitant à un débat contradictoire ;

c- tenter de valoriser au maximum les corps et les professions de l’Ecole, qui semblaient voués au déclassement, afin que la réactivité des travailleurs soit dynamisée ; les motiver pour se mettre eux-mêmes à des formations diplômantes dans le but de disposer de nouveaux arguments et pièces à conviction pour faire face à la situation qui se profilait déjà à l’horizon ; commencer par soi-même en affrontant l’épreuve du baccalauréat.

C’est ainsi que presque toutes les propositions de
la Section régionale du Satef ont été avalisées par la réunion du bureau national du Satef, la dernière réunion de ce nom en date, en avril 2007, pour les soumettre à la tutelle avant l’élaboration du SPTE.

C’est aussi ainsi que dès octobre 2007, je déposais ma candidature au Bac 2008 (aux épreuves duquel je ne me serai pas présenté, n’ayant pas eu le temps de quelque révision que ce soit).

C’est de même ainsi que, dès janvier 2008, le désaccord avec certains membres du Bureau national devait être porté à la connaissance du plus large public. Satefdz était lancé. Ce blog aura servi non seulement à illustrer les écarts de ces membres du Bureau national (détachés à ne rien faire, ou plutôt détachés à cautionner sur commande ce qui émane de la tutelle) par rapport au parcours, aux textes et aux positions du Satef, mais aussi à appuyer le plus possible ces derniers, tout en en faisant la tribune de tout syndicaliste en mal d’expression ou de support d’information.

N’ayant pas pu passer les épreuves du Bac 2008, j’ai de nouveau déposé ma candidature pour le bac 2009 et je m’y suis présenté en me promettant d’obtenir autant de bonnes notes que possible, même si ma révision était plus ou moins approximative, notamment en philosophie, et quasi-nulle en mathématiques.

Tout le monde peut savoir comment j’ai personnellement vécu les premiers moments de l’annonce commerciale puis de l’affichage des résultats du Bac 2009 (1). Il a fallu attendre qu’ils soient enfin visibles sur le site onec.dz pour être sûr de mon… ajournement.

Eh, oui ! Avec un 09.31/20, on ne peut par parler d’échec après plus de vingt ans d’absence aux épreuves du Bac, mais d’un simple ajournement.

Si je l’avais obtenu, il aura fallu lutter pour faire admettre que la décision de reclassification (arrivée le matin même de l’annonce des résultats) conformément au nouveau SPTE, fasse l’objet de révision à la hausse ainsi que pour défendre le droit à poursuivre mes études tout en gardant mon emploi. Ce n’est que partie remise à juillet 2010 : je serai heureux de la livrer.

Puisque je ne l’ai pas encore obtenu, je me prépare d’ores et déjà à :

a- à entraîner le maximum d’adjoints d’éducation, d’ASE, de factotums, de concierges, de lingères, etc., à se porter candidat à la session du Bac de juin 2010 ; à s’y mettre tous ensemble afin de se reprendre et de reprendre l’initiative.

b- à dénoncer aussi nettement, aussi audiblement et aussi officiellement que possible toute décision de détachement en faveur de membres de la direction du Satef qui ne répondrait pas à un besoin dûment exprimé en séance ordinaire, publiquement annoncée par voie de presse et conformément aux dispositions statutaires, du Conseil national qui est le seul et l’unique organe souverain entre deux congrès nationaux du Satef.

Le 12 juillet 2009,

Tahar Hamadache,

Secrétaire national à l’information
du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation
-SATEF-

Note :

(1) Voir : http://satefdz.unblog.fr/2009/07/11/adjoint-deducation-candidat-au-bac-2009-resultat-porte-disparu/

Adjoint d’éducation candidat au BAC-2009. Résultat porté disparu ?

11 juillet, 2009 par satefdz

Adjoint d'éducation candidat au BAC-2009. Résultat porté disparu ?

Vendredi 10 juillet 2009.

Candidat au Bac, session de juin 2009 :
- en protestation contre les dispositions du nouveau Statut particulier des travailleurs de l'éducation (et de la formation) qui prive les adjoints d'éducation de toute formation et promotion professionnelles internes ;
- plus largement, en protestation contre la nouvelle tentative de stratification sociale verticale, autoritaire et arbitraire qui sous-tend les successives reconfigurations du champs politique algérien, en rupture avec les idéaux de la révolution de Novembre 1954 et avec la légitimité révolutionnaire, démocratique et social de la République et de l'Etat en Algérie ;
- pour entraîner les adjoints d'éducation (et les autres corps dont les professionnels sont voués aux strates dominées) à s'acharner contre cette exclusion aussi bien par la lutte syndicale que par la voie de la lutte pour se former eux-mêmes,

tout le monde savait que je me suis présenté aux épreuves du baccalauréat et plus d'un en attend le résultat et/ou la perspective qui s'en dessinerait pour moi.

« Numéro d'inscription erroné. Veuillez introduire le bon numéro, merci ». C'est la réponse du code 6262 (opérateur téléphonique) au SMS contenant le numéro 3013932 d'inscription à l'épreuve du Bac 2009. Le dernier message de ce genre date de 00h09 du 09 juillet 2009. Auparavant, j'ai reçu plusieurs appels de gens soucieuses de savoir avant de dormir si j'ai obtenu mon bac.

Surpris une première fois par cette réponse, j'ai du vérifier mon numéro d'inscription ; c'était le bon. Deuxième SMS. Même réponse. Les appels continuent d'arriver. Je ne sais quoi répondre. J'ai fini par éteindre le téléphone pour me reposer de l'embarras de cette situation. L'opérateur de téléphonie mobile vendait les réponses précises au sujet des seuls numéros d'inscription que l'office des examens et concours lui a remis. Je n'allais pas continuer à acheter au prix fort cette aberration : « Numéro d'inscription erroné. Veuillez introduire le bon numéro, merci ».  Pourquoi donc n'avait-il pas le mien ?

Le lendemain (l'après-midi du 09.07), allé voir l'affiche des résultats au CEM Nacéria de Béjaïa. Mon nom n'y figure pas. Les affiches ne sont-elles pas des imprimés partiels du document informatique global dont l'opérateur de téléphonie mobile a commercialisé tous les résultats ? Si mes résultats ne sont pas portés sur le document global, il est évident que la sélection imprimée ne le contienne pas !

Le site du ministère de l'éducation allait-il m'administrer une explication ? Premier cybercafé. Connexion. Non : le site http://www.meducation.edu.dz/ ne fonctionne pas. Internet Explorer affiche son impuissance : « Impossible d'afficher la page. La page que vous recherchez est actuellement indisponible ». Nous sommes à l'ère des TIC. Mon résultat au Bac 2009 est-il deleted ? Inutile d'en piquer des tics. Il est inévitable de continuer à rechercher le résultat disparu. Pour le fêter ou pour en faire le deuil ! Je vous en donnerai des nouvelles.

Tahar Hamadache

Adjoint d'éducation,
Secrétaire national à l'information
du Syndicat autonome des travailleurs de l'éducation et de la formation
(SATEF).